Un Numerus Clausus veut dire en latin « nombre fermé ». Cela veut donc dire en médecine qu’il n’y aura qu’un nombre restreint de personnes qui auront accès à la deuxième année de médecine. Il est donc à opposer à la notion de pourcentage de personnes reçues ou à la notion de note fixe minimale requise pour avoir son année. Avec le Numerus Clausus, peu importe le nombre de personnes inscrites, le nombre sera fixe. L’étudiant n’est donc plus confronté uniquement qu’à lui même mais bien contre tous les autres car il doit être meilleur que ces derniers si il veut espérer obtenir son année.

Numerus Clausus

Comment et par qui est fixé le Numerus Clausus ?

Il est directement fixé par le Gouvernement en fonction des régions et cela selon la pénurie des médecins. Aujourd’hui, les médecins vont tous à Paris ou sur les littoraux (le fameux U), c’est à dire que dans ces régions, il y a un excès de médecins pendant que dans d’autres régions de France, il y a un manque car tout le monde est parti. C’est comme ça que le Gouvernement fixe donc le Numerus Clausus en l’augmentant dans les régions où il y a peu de médecins et en le baissant dans celles où il y en a trop (Paris, Nice, Montpellier…).

Le problème, c’est que les médecins peuvent toujours bouger après au moment de l’installation donc le Numerus Clausus n’est pas réellement en mesure de contrer ce problème.

On pourrait se dire « on manque de médecins, pourquoi on fait venir des étrangers, on pourrait augmenter le Numerus Clausus ! », le problème ici, c’est que les structures d’enseignement ne peuvent pas accueillir un nombre d’étudiants illimité. Durant le cursus de médecine, on a beaucoup de stages à l’hôpital par exemple et rien qu’ici, on est limité en nombre de places. Mieux vaut encore préférer la qualité de l’enseignement.

évolution numérus clausus

A cela, il faut ajouter d’autres problèmes :

• La non-valorisation des 2 à 3 années perdues en cas d’échec du concours même si de plus en plus de passerelles font leurs apparitions dans les facultés.

• Un risque accru de manque de médecins. Enormément de médecins sont très proches de la retraite et il sera impossible de tous les remplacer d’un coup. De plus, on constate aujourd’hui la féminisation du métier, c’est à dire que de plus en plus de femmes se lancent dans les études de médecine dans l’objectif de travailler plus tard à temps partiel dans la volonté de toujours maintenir une vie de famille.

Une évaluation sur des capacités intellectuelles et non humanistes. Contrairement à l’Australie où il existe une sélection avec un entretien pour voir si le futur étudiant a des valeurs propices aux métiers de la médecine, en France, on cherche à sélectionner des « bêtes » car les études sont longues et le Gouvernement veut être sûr de sélectionner des personnes intelligentes et déterminées qui auront plus de chances de terminer leur cursus car contrairement à ce qu’on pourrait penser, beaucoup de personnes arrêtent même après l’obtention du concours.

Une non égalité des chances en fonction de la ville dans laquelle on effectue sa P1 à cause du Numerus Clausus fixé par le gouvernement. Un étudiant à Reims a plus de chances d’obtenir son concours « facilement » qu’à Marseille.

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Raph

12 Réponses

    • Nicolle

      Bonjour,
      Je souhaitais juste saluer la qualité, l’intérêt et l’intelligibilité de vos articles.
      Bravo et merci beaucoup.
      Cordialement

      Répondre
  1. Erwan

    « Mieux vaut encore préférer la qualité de l’enseignement. »
    Quitte a attendre 6 mois, un ans pour avoir un RDV avec un specialiste.
    Je ne suis pas d’accord
    Comment expliquez vous que nous formions presque 10 000 medecins par an à une époque ou la France avait 54 Millions d’habitants et une population jeune, alors qu’aujourd’hui nous sommes 64 millions avec une population agée?
    Je ne vois qu’une mauvaise raison, un accord tacite entre les medecins et la sécu/état qui y trouvent leur compte
    Et au final, la qualité de notre médecine baisse, attente trop longue, cabinet surbookés, medecins surchargés qui travaille dans l’urgence. Et comble du scandale, certains se mettent parfois au 4/5 pour payer moins d’impots et s’en vantent.
    On ne peut plus faire jouer la concurrence, cela entretien la facilité et la médiocrité. Ce sont mainteants les medecins quand ce ne sont leurs secrétaires qui choisissent leurss patients. Les docteurs se focalisent sur les cas autauroutes au détriment des cas particulier. Le suivi et de plus en plus déshumanisé, la pompe à fric des tarifs non conventionnés et des consultations faciles (certificat médical..) tourne à plein régime.

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    • bernard

      A cela, il faut ajouter que les médecins s’installent où ils le souhaitent et non où il y a besoin. Comme ils sont payés durant leurs études, le gouvernement devrait avoir un droit de regard sur les x premières années d’exercice, comme cela se passe pour d’autres écoles (Polytechnique, etc.)

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  2. belle

    C est tout à fait intolérable cette situation
    Et nous devrions tous nous revoter contre ce dictat du Numerus Closus qui doit absolument disparaître et vite
    1) De + en de chômeurs
    2) De – en – de médecins
    3)+ de malades
    4)- d universités en bon état
    5) 15 mn là Durée du RV par malade
    Et on continue ce systeme de ripous ?
    Pourquoi ? A cause des lobies de médecins et aussi du corps médical
    Pourtant à vos calculettes
    De 8h à midi 16 malades
    De 14h à 18h 16 malades
    Chez moi 32 malades à 25€
    Ça fait 800€ par jour
    C est des marchands de tapis et PAS ÉTONNANT QUE CES LOBIES MÉDICAUX FASSENT PRESSION SUR GOUVERNEMENT POUR GARDER LEUR NUMERUS CLOSUS . ILS ONT PAS DE CONCURRENCE . NI DE SOUCI À SE FAIRE richesse assurée
    Tout ça sur le dos des patients car du coup avec Histoire médecin traitant ils peuvent se reposer sur leur lauriers avec des pratiques de +en+ MÉDIOCRES

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